L'Orgasme Antéchrist

11 avril 2009

Mais qu'est ce que c'est que ce nom de blog à la con ?

Cher futur fan,

 

Je ne sais pas par quelle mésaventure tu t'es retrouvé sur ce site web. Peut-être t'es-tu égaré. Oui, ça doit être ça. Une échappée en dehors des sentiers battus.
C'était risqué. Tu es courageux. Tu es brave. Tu es mince. Tu es beau. Tu sens bon le sable chaud.
...
Hum, pardon.


Ne t'inquiète plus. Désormais on est ensemble. Et c'est tout ce qui compte. Rien que nous deux. Et je peux te jurer qu'à partir de maintenant, je t'ai toujours considéré comme mon propre fils.



Que d'excitation, je sens qu'à nous deux, nous allons faire des choses fantastiques.
Enfin surtout moi, mais tu sera là pour regarder.
Ca m'évitera de faire le zouave tout seul.



Mais quelles sont ces choses fantastiques dont je te parle ? Avant d'entrer dans le vif du sujet, il me semble que je te dois quelques explications.


Pourquoi un blog ?
D'accord, faire un blog, ça n'est pas très original, mais je tiens à te signaler qu'il y a des gens qui cuisent leurs steaks au micro-ondes, des qui collectionnent les paquets de cigarettes, et d'autres qui pensent que Sarkozy aime sa femme. Donc bon, l'originalité d'accord, mais point trop n'en faut.


Donc il m'est venu cette idée de faire un blog. Intention très noble, me diras-tu (si si, je t'assure), mais que comptes-tu donc transmettre au monde par le biais de ce blog ?
Eh bien la réponse est simple.
Sache tout d'abord que je ne souhaite éduquer qu'une seule personne et c'est toi, fils. Le reste du monde, on s'en fout. On n'a pas besoin des autres. On est une famille, toi et moi, maintenant. Mets toi bien ça dans le crâne.
Petit con.

Bref. Qu'est ce que je disais ? Oui, le sujet de ce blog.
Eh bien il n'y a pas de sujet. Tout ce que je juge d'un intérêt majeur se retrouve ici, sans discrimination, sans chichis, sans guimauve non plus. Tout. Et ce, dans le but ultime de développer ta pensée critique, fils. Tu ne sais pas encore ce que c'est. C'est normal. Nous en reparlerons.



En attendant, je te dois quelques explications. Notamment pour ce qui est du titre de ce blog.


"Pourquoi l'orgasme ?" est une question que tu serais en droit de te poser (dans le cas contraire, tu peux passer au paragraphe suivant).
Il y a plusieurs raisons à cela.

Tout d'abord, c'est un mot qui me vient assez facilement à l'esprit, moi, pervers parmi les pervers, prince du graveleux, seigneur de la débauche, maître lubrique de la dépravation. C'est une question d'honneur. Ne jamais oublier d'où l'on vient. En l'occurrence, du singe, qui lui ne s'offusque pas de l'observation de ses congénères en phase d'accouplement, et encore moins du vocabulaire, si riche et varié dans la plupart des langues terriennes, englobant cette redoutable épreuve et tout ce qui l'entoure. Alors faisons comme lui. N'ayons pas peur des mots. Ni des orgasmes.

En fait, je me suis dit que de donner des airs de site porno à un blog sensé élever l'âme serait un formidable message d'humilité. Pour tous ceux qui se croieraient à l'abri de la dépendance de la chair.
Tout cela sans compter le fait que le mot orgasme, très demandé sur google en ces temps de misère, attirera tout autant de naufragés en détresse, s'échouant ici par hasard. Niéhéhéhé.


Plus sérieusement, qu'est ce qu'un orgasme, sinon l'aboutissement d'un effort physique conséquent, la quintessence du plaisir et, d'après wikipédia, la troisième étape de la stimulation sexuelle selon le modèle en quatre phases de la réponse sexuelle de Masters et Johnson.
C'est ce qui se fait de mieux, donc.
Et ce que je fais, c'est ce qui se fait de mieux.
Donc je fais des orgasmes.
CQFD.



"Pourquoi antéchrist ?" est une autre question que tu serais en droit de te poser (dans le cas contraire, tu peux passer au paragraphe précédent, et réitérer l'opération jusqu'à ce que tu sois capable de réciter la marseillaise avec de la ratatouille dans la bouche). Il y a plusieurs raisons à cela.
En fait non, il n'y a pas vraiment de raison, et tu commences à me faire chier avec tes questions stupides.

 

Au bout d'un moment, faut-il vraiment énoncer une raison pour tout ce qu'on fait ?

 

Bon, d'accord, inutile de te le cacher, j'ai l'intention de cracher un tant soit peu sur la religion, afin que, au bout du compte, tu sois capable de croire en Dieu, et ce de la manière qui te convient le mieux. Par exemple, pour moi, Dieu est un cornichon. Toi aussi, tu dois trouver ton Dieu. Il est le même pour tous, mais tous le voient différemment, c'est pour ça qu'on ne peut pas vraiment en parler. J'en parlerai donc plus tard.

 

A ce stade, il se peut que tu aies compris bien des choses sur la signification de la vie. Il se peut également que tu te demandes "Mais alors, pourquoi l'orgasme antéchrist, bordel de bites à poil longs ?".
Tout d'abord je te prierais de surveiller ton langage, on n'est pas à l'école ici.
En fait c'est tout simple, cette expression m'est apparue d'une vérité presque universelle. Que les orgasmes soient le fruit de personnes mal intentionnées reniant le christ et tentant d'écarter les bons chrétiens du chemin de la vertu. Parce que bon, quand on entend ce que le pape raconte sur les capotes, on se dit que les orgasmes, c'est pas franchement son rayon.

 

Bon, voila, je pense avoir fait le tour de la question. Peut-être n'as tu toujours pas la moindre idée de ce que va être ce blog. C'est normal. Moi non plus. Mais ça va être de la balle.

Alors amuse toi bien, fils.




Ah, j'oubliais, petite dédicace à une personne sans qui je ne serais rien, qui m'a tout donné, qui est géniale, intelligente, sexy, irremplaçable, c'est une vraie perle rare, et je pense qu'elle se reconnaitra (je te donne un indice, il ne s'agit pas de toi).

 

 


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J'ai vomi dans mes Corn Flakes

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Babar, Staline : Deux existences mises en parallèle

babarBabar.

 

Tout le monde connaît plus ou moins ce personnage. Mais les histoires qu'on vous a rapportées de lui ne sont que purs mensonges et manipulations médiatiques.

 

Si vous êtes mineur, mieux vaut ne pas lire ce qui va suivre, il est encore malheureusement trop tôt pour vous pour apprendre la triste vérité.

 

Si vous vouez un culte à Babar, vous n'êtes qu'un pauvre citoyen manipulé par la propagande, mais il n'est pas trop tard pour vous révolter.

 

Je vais donc vous raconter la véritable histoire de ce personnage.

 

A sa naissance, Babar ne vaut pas mieux qu'un autre éléphanteau et joue d'ailleurs avec les autres (quoi de plus normal, me direz-vous, étant donné que tous les éléphants naissent égaux). Mais cela se montre parfois très jeune, Babar a le goût du meurtre dans le sang. Il assassine sa mère et fait porter le chapeau à un brave chasseur qui n'avait rien fait de mal. Il se rend ensuite à la ville. Il vole le portefeuille d'une vieille dame après avoir lié conversation avec elle et achète un costume vert (qu'on le verra porter jusqu'au dernier épisode, ce qui n'est pas très hygiénique), et se dresse sur ses pattes arrière, symbole de son appartenance au capitalisme. Il s'incruste ensuite chez la vieille et abusera plusieurs fois de l'innocente. Il lui soutire de l'argent sous la menace, afin de s'acheter une voiture. Un jour viennent à la ville son cousin et sa cousine, Arthur et Céleste. Leurs mères viennent bientôt les chercher et il décide de rentrer avec eux. Revenu au pays, il apprend que le roi est mort récemment. La succession aurait logiquement du revenir à Cornélius, le plus sage des éléphants, mais Babar organise un putsch et s'autoproclame roi des éléphants. Il offre un poste de général à Cornélius pour le faire taire, mais, se faisant vieux, il finit par l'expédier au four crématoire. De plus, il épouse Céleste, commettant ainsi un inceste.
Babar est tout petit et de tendance artistique bafouée, comme l'étaient Hitler, Franco, Mussolini ; comme l'est Sarkozy...
Un jour, Arthur commet un attentat contre le rhinocéros Rataxès. Ce dernier, sentant l'hostilité des éléphants, décide d'attaquer le premier et blesse dans une juste vengeance quelques éléphants qui protégeaient Arthur. Babar contre-attaque avec une ruse qui aurait aussi bien pu décimer toute l'armée des éléphants. Il enferme Rataxès dans une cage. On sent déjà là son plaisir à dominer et sa xénophobie des rhinocéros.

 

Un jour, alors qu'il se promenait au bord d'un lac magnifiquement sauvage, Babar décide d'y construire sa ville. Formidable preuve que ce « roi des éléphants », alors qu'il vit en pleine forêt, n'a aucun souci de préserver l'écologie de notre chère planète. Pour appâter son peuple, il leur distribue des pots de vin : Des habits venus de la ville, symbole d'un passage au régime hiérarchique forcé. Et pour couronner le tout, il nomme la ville Célesteville. Qui, sinon les dictateurs donnent leur nom (ou celui de leur femme, cela revient au même) à une ville ? Rappelez-vous Stalingrad ! Nous sommes ici en présence d'un régime capitaliste dictatorial totalitaire, le pire imaginable ! La ville construite, on voit tout de suite que deux bâtiments dominent : Le palais du travail et le palais des fêtes, comme si la vie devait être équitablement partagée entre loisirs et devoirs, encadrés par l'état, sans demander l'avis de chacun. Des jeux pour le peuple…Lors des fêtes, on voit clairement la séparation entre aristocrates et classes ouvrières, ne serai-ce que par l'habillement.

 

Mais le plus ahurissant de cette fête, c'est une phrase que Babar déclare à la fin : Travaillons avec gaieté et nous continueront d'être heureux », phrase relevant de quelques similitudes avec « Arbeit macht frei », écrit par les nazis à l'entrée d'Auschwitz.

 

Le débat est ouvert.

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Tour Eiffel


by Sylvain Chomet

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Perte de temps

Tu sais, fils, les êtres humains dorment. Ils ne savent pas très bien pourquoi, mais bon, tu les connais, ils ne se posent pas de questions. Admettons qu'ils dorment par fatigue, comme ils disent. 8 heures par jour en moyenne. 2920 heures par an. A ne rien faire.

Les gens dorment même quand ils n'en ont pas envie, tout ça pour ne pas être fatigués. C'est simple, aujourd'hui, même le sommeil est devenu stressant. Quand ils vont se coucher, soit ils ont peur de se réveiller trop tard, soit ils ont peur de ne pas avoir dormi assez quand le réveil sonnera. Certains même sont devenus tellement dépendants de son illustre sonnerie qu'ils ne peuvent plus dormir sans entendre près d'eux son imperturbable "tic tac".


Imagine que tu puisse mettre bout à bout tout le temps que tu passe à dormir. Pas faire le feignant dans son lit le dimanche matin, ça ne compte pas. Non, juste dormir. Cette phase quotidienne durant laquelle tu ne fais rien.

En France, l'espérance de vie est de 78 ans pour les hommes et 85 ans pour les femmes, ce qui correspond, si l'on retranche le temps de sommeil, à respectivement 52 ans et 59 ans de vie active.

Telle est la véritable durée de ta vie.

Alors gagne du temps. Cesse de dormir.

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L'ile aux fleurs


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Le sauveur

- Elle est morte.

Sans détour. Sans fioritures. Juste l'essentiel. Parce qu'il n'y avait plus de temps pour jouer avec les mots.

Le vieil homme resta silencieux.

- Lahav, nous devons partir. Ils vont venir.

- Non, c'est inutile, maintenant. Cet endroit est notre dernière cachette.

- Non ! Lahav, nous ne devons pas abandonner ! Si nous mourrons, notre race disparaitra avec nous !

- Eliram... Tu étais rabbin... Tu parlais souvent de Dieu... Alors dis-moi... Crois-tu qu'il nous regarde, en ce moment ? Crois-tu qu'il nous ait tous décimés pour nous faire renaître ensuite ?

- Dieu a puni, mais Dieu aime la vie, alors nous devons aimer la notre.

- Non, Dieu n'est pas capable d'une telle horreur, Eliram. C'est l'homme qui a fait cela.

- Ozba...

- Ozba a tué tous les juifs et il nous tuera nous aussi, alors il est inutile que tu t'inquiètes pour ta vie. Lilo est morte, maintenant, plus rien ne peut les empêcher de venir.


Lilo, c'était la maîtresse de maison. Bien qu'elle fut de sang musulman, elle avait été l'amante de Lahav, bien des années auparavant. Aussi, en souvenir du passé, elle leur avait proposé, à lui et Eliram, de les cacher dans la cave de son manoir. La police avait fini par le découvrir, mais ne pouvait agir, Lilo étant une personnalité influente. Son décès ne tarderait pas à être connu, Lahav et Eliram connaitraient alors le même funeste sort que leurs compagnons.

Cela faisait trente ans que le dictateur musulman Ozba avait décrété l'élimination de la race Juive. En trente ans, on avait pu constater combien l'humanité pouvait se révéler efficace et méthodique face à un objectif pourtant si vague. En trente ans, un demi-milliard d'êtres humains étaient morts pour la pureté de la race, et pour l'industrie. Des juifs, il n'en restait plus que deux.


- Alors, Lahav, tu comptes juste rester ici à attendre patiemment l'arrivée de la police ?

- Non, Eliram, si tu descends avec moi dans ce que tu appelles mon fouillis mécanique, tu compendra enfin ce que j'y faisais depuis tout ce temps. Si je te parle de remonter dans le temps, qu'est ce que cela évoque pour toi ?

- Le voyage dans le temps ? Un vieux rêve de l'humanité... Mais c'est impossible...

- J'y suis arrivé, sur le papier, il y a bien longtemps. Heureusement, je ne l'ai jamais dit à personne, les musulmans se seraient servis de mes travaux... Et maintenant, regarde...


Ils étaient descendus dans ce qui jadis avait dû être un ancien cachot, reconverti depuis en laboratoire. Au centre, siégeait un énorme cylindre de verre, relié à une multitude de conduits.


- Voila la machine. Pas le temps de t'expliquer. D'après mes calculs, en utilisant l'électricité du quartier, je devrais pouvoir envoyer une masse d'une centaine de kilogrammes dans le passé. Pour changer les choses.

- Lahav... Ce n'est pas une blague ? Tu peux vraiment remonter le temps ?

- Je n'en suis pas sûr, et je ne le saurai jamais, mais cela vaut le coup d'essayer.

- Tu n'en es pas sûr ? Il suffit d'essayer pour le savoir !

- Ce n'est pas si simple. Tout d'abord, la machine ne pourra fonctionner qu'une seule fois. Et ensuite, je crains qu'un corps organique ne puisse survivre au voyage... C'est donc JS qui fera le voyage.


Lahav appuya sur un bouton et un tiroir s'ouvrit. A l'intérieur, se trouvait un petit garçon de 6 ou 7 ans.


- Un robot ! Ils sont interdits depuis des années ! Où l'as-tu trouvé ?

- Il était ici quand nous sommes arrivés. Je l'ai réparé moi-même. Il est incroyable ! Il possède même les trois lois !

- Je me souviens... Première loi : Un robot ne peut porter atteinte à un être humain, ni, restant passif, laisser un humain subir un dommage. Deuxième loi : Un robot doit obéir aux ordres d'un humain, sauf si ces ordres sont en contradiction avec la première loi. Troisième loi : Un robot doit protéger sa propre existence, dans la mesure où cela n'est pas en contradiction avec la première ou la deuxième loi.

- C'est cela, c'était le principe de fonctionnement de tous les robots, leur cerveau était la seule différence qu'ils avaient avec un être humain, cela les rendait totalement dociles et inoffensifs...

- Pourquoi les a-t'on interdits ?

- Parce qu'une société basée sur le commerce, la croissance et le capital porte de nombreux dommages aux êtres humains. Les robots auraient fini par prendre le contrôle du pouvoir pour préserver les humains de l'inégalité, ce que certains ne souhaitaient pas. C'est grâce à l'un d'eux que nous sauverons l'humanité...

- Tu veux donc corriger l'oeuvre de Dieu, te penses-tu meilleur que lui ?

- Je pense que demain, quand le soleil se lèvera, il n'y aura plus de juifs sur Terre. Je pense qu'une culture entière aura disparu. Et je pense que l'humanité cherchera alors un nouveau bouc émissaire pour assouvir son besoin de sang. Je veux sauver la race juive, je veux empêcher le massacre, l'holocauste...

- Soit... Alors remonte le temps et tue Ozba à sa naissance.

- C'est impossible, un robot ne peut tuer un être humain.

- Je suis sûr qu'il peut le faire, si cela permet de sauver de nombreuses vies...

- Non, il ne peut pas. Il ne peut être certain qu'une telle action sauvera des vies. Cela ne servirait à rien. Si Ozba n'était pas venu au monde, c'est un autre qui occuperait actuellement sa place. De plus, on ne peux pas tuer un homme qui n'est pas encore coupable. Non, on ne détruit pas la haine par la haine. Je crois que le seul moyen de préserver le monde d'une telle horreur, c'est de leur envoyer un message d'avertissement. Un message fort. Un message d'amour.

- L'idée est plaisante... Mais crois-tu vraiment que les hommes seront convaincus par le robot ?

- C'est la meilleure solution. Je suis certain que ça marchera.

- A quelle époque comptes-tu l'envoyer ?

- Le plus loin possible, je pense pouvoir le faire voyager de quelques millénaires, tout aun plus... Maintenant, il est temps d'y aller. Robot JS !


Le petit garçon se redressa et, tournant sa tête vers Lahav, dit :


- Oui, professeur ?

- JS, tu as été créé pour sauver le monde. Pour cela tu te mêlera aux hommes et tu répandra l'amour et la paix  autour de toi. Pour que les hommes t'écoutent, tu dois être comme eux. Ainsi, je t'ai créé enfant. Comme eux tu grandira, comme eux tu mourra. Tu es fait de chair, comme eux. Ta seule différence est ta notion du bien. Je veux que les lois de la robotique deviennent les lois de l'humanité. Pour cela, je vais te donner un nom. Désormais, tu t'appelleras Jésus.


Le robot se leva et dit :


- Je m'appelle Jésus, et je suis le fils de l'Homme.


Il se plaça alors sous le cylindre de verre et enclencha la machine, qui entra en surchauffe et explosa à l'instant même où il disparaissait dans une tornade électrique.

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La révolution des crabes



 

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18 avril 2009

Je voudrais partager mon temps

 


Je voudrais partager mon temps.



C'est à dire que là, de l'angle d'où je le vois, il ne m'apparaît que languissant, maladroit, morose et macabre.


Pourtant, depuis ma naissance, j'ai joué avec. Je l'ai possédé, plus que possédé, je l'ai dépossédé, je l'ai dépassé, je l’ai dépecé, je l'ai dépisté, je l'ai dérangé, je l'ai dépouillé, je l'ai dépravé, je l'ai dépensé, je l'ai déphasé. Qu'il t'en déplaise. Le temps était avec moi, et j'étais avec lui, je l'Avais. Nous marchions côte à côte car nul ne souhaitait marcher seul.


Mais le temps avait de l'énergie à revendre. Il se fatigua de marcher à ma lente allure. Alors il passa, passa, passa. Je ne le remarquai pas tout de suite. Il passait quand je ne faisais pas attention à lui. C'est vrai que j'ai été négligeant. Occupé à vivre, je n'ai pas vu le temps passer. Puis vint un temps où le temps passa de plus en plus. J'en avais le tournis de le voir passer.


C'est à peu près à cette époque qu'on s'est fâché, le temps et moi. Le temps était orageux, et moi de même. Nous nous séparâmes. J'étais dès lors seul et loin du temps.


J'entrai dans le monde de l'immédiateté, celui du plaisir intemporellement fugace. Immédiats furent les changements. Immédiat fut mon regret du temps. Autant je me vantais d'avoir le temps - et quel temps ! Un temps libre, libre comme l'air ! -, autant je me voyais maintenant contraint d'annoncer au monde l'humiliante vérité : je n'avais plus le temps. Perdu, le temps ! Envolé ! Après tout, il était libre...


Néanmoins, j'avais besoin de temps. Il n'était cependant pas question que je parte à la recherche du mien. Une telle attention lui aurait fait trop plaisir et le déshonneur était déjà cuisant. C'est donc par honneur que je fis mes débuts dans le vol de temps. Le principe était simple : Il suffisait de faire perdre leur temps aux autres pour soi-même gagner du temps. Mais c'était là du mauvais temps, du temps malhonnête. Je décidai donc de le vendre. Le bruit courut aux quatre coins du monde que j'avais du temps à revendre ; et il est vrai que le temps, c'est de l'argent, car on s'arracha le mien aux enchères. C'est ainsi que je devins milliardaire.


D'aucuns me diront que l'argent rend heureux, mais moi je ne l'étais pas. Je réalisai que l'on est moins heureux quand on a de l'argent mais pas le temps, que quand on a le temps mais pas d'argent. Il me fallait du bon temps. Du beau temps. Et je n'en connaissais qu'un seul. Je me résolus donc à partir à sa recherche. Ma fortune fondit, tandis que je remuais ciel et terre pour retrouver mon temps. Je secouai les étoiles, questionnai la lune, décollai l'espace. Je scrutai, je prospectai, j'inspectai, je sondai, j'épluchai, je fouillai, du centre de la Terre aux confins de l'Univers. Je ne sais quelle fut la durée de ma recherche car j'avais perdu la notion du temps.


Nulle trace de mon temps, nul part. Découragé, je fis volte face pour rentrer chez moi.


Il était là.


Depuis le début, le temps était derrière moi. Il était mon ombre. Il n'était jamais parti.


J'étais certes heureux de l'avoir retrouvé, mais également amer du mauvais tour qu'il m'avait joué. Les choses ne pourraient plus jamais être comme quand nous étions petits.


Aujourd'hui, le temps est espiègle. Parfois, je crois l'avoir alors qu'il n'est pas là. D'autres fois, je crois l'avoir perdu alors qu'il est juste caché. Je ne le maîtrise plus. Je ne le comprends plus. Je n'en ai plus la prétention. Je veux juste aller avec lui.


Mais je crois qu'il se lasse de moi.



J'ai compris que l'Homme et le temps ne sont pas faits pour être en symbiose. Le temps doit être un objet de générosité. Il faut le prêter, le confier, l'offrir, et, surtout, le partager... »

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21 avril 2009

Schtroumpfs de tous les schtroumpfs, schtroumpfez-vous !

...écrivit Karl Schtroumpf dans son "Schtroumpf du Schtroumpf schtroumpf", passionnant ouvrage publié aux éditions schtroumpf.

Ce soir, fils, je vais te parler du communisme. Je n'en ai rien à foutre que ce ne soit pas le soir au moment où tu lis ça. Tu fais comme si.

Ce soir, disais-je... Communisme.

Le communisme, j'imagine que ça t'évoque le prolétariat, la couleur rouge, la faucille et le marteau, des héros du peuple comme Staline, Mao, Kim Jong-Il, Tito, Pol Pot...

Mais il y a un secret que je dois te confier. En réalité, le communisme est d'origine extraterrestre.

Regarde les étoiles, fils. Il y en a beaucoup, hein ? Non, arrête de compter, c'est pas la peine. Il y en a beaucoup. Eh bien, quelque part dans l'espace, autour de l'une d'entre elles, gravite une planète remplie de communistes.

Il y a des siècles et des siècles, durant la période appelée Moyen-Âge sur Terre, les communistes décidèrent de chercher de la vie sur les autres planètes afin de partager leurs connaissances.
Oui, parce que, excuse-moi, j'ai oublié de t'expliquer. En fait, le mot "communisme", à l'origine, signifiait mettre en commun, partager. Comme le peer-to-peer, tu vois.

Il faut donc bien se les imaginer, lorsqu'une sonde rapporta la présence de vie intelligente sur une petite planète bleue. Il faut se les imaginer, ces fiers communistes, montant dans leur vaisseau spatial, avides de partage. Imaginer, également, leur surprise, arrivant sur place, découvrant des hordes sauvages de capitalistes se mettant perpétuellement sur la gueule.

La guerre ? Ils ne connaissaient pas. La planète des communistes était un havre de paix dans lequel tout le monde travaillait harmonieusement pour la communauté. Ils étaient gais à l'ouvrage, toujours joyeux, et si un conflit éclatait, il était immédiatement violemment réprimé par le joyeux service d'ordre de la planète.

Leur surprise, donc. Ils étaient face à quelque chose de tout à fait nouveau. Ils décidèrent donc d'observer les terriens quelques temps.

Sauf que, j'ai également oublié de te le dire, les communistes sont des bêtes hideuses de seize mètres de haut pourvues d'une carapace verte translucide gluante, de cinq paires de mandibules affûtées, de multiples tentacules là où l'humain à l'habitude d'avoir des jambes, et d'une demi-douzaine de globes oculaires à hauteur de la quatrième paire de mandibules. L'un d'eux émit l'hypothèse que leur présence sur Terre puisse faire naître la peur chez les terriens. Ils décidèrent donc de créer des petites bestioles, bleues comme la planète, toutes mignonnes, toutes petites, afin d'observer discrètement les terriens pour déterminer si oui ou non il fallait tuer tous ces cochons de capitalistes.

C'est ainsi que naquirent les Schtroumpfs. Oui, encore une idée d'un communiste. Il se dit "tiens, qu'est ce que ça fait si je met5 consonnes à la suite, deux voyelles pour faire joli, et à nouveau plein de consonnes ? Haha, Schtroumpf ! C'est tout à fait impossible à prononcer et extrêmement chiant à écrire au clavier ! Parfait."

En ces temps reculés, donc, les schtroumpfs fondèrent un village en un lieu reculé, dans un pays reculé (la France). Collectivisation des biens, évidage de champignons pour en faire des maisons, confection de bonnets blancs, le microcosme se mettait en place.

Mais le système communiste des schtroumpfs était fragile et le Grand Schtroumpf le savait. Tel un despote éclairé, il établit alors sa suprématie sur le peuple schtroumpf par la science et la drogue. En effet, il fut avant tout le précurseur de l'illusionnisme, pratiquant divers tours de passe-passe et les faisant passer pour de la magie, maintenant ainsi les schtroumpfs sous la menace d'une mort subite. De plus, il les tenait dans un état de constante béatitude par l'ingestion quotidienne d'une substance végétale psychotrope : la salsepareille.

Néanmoins, cela n'empêcha pas l'émergeance de quelques figures du peuple schtroumpf, tel le schtroumpf à lunettes, symbole de l'élite intellectuelle bafouée par le peuple. Bien qu'il fût l'âme damnée du Grand Schtroumpf, à force de trop parler, il finit dans un goulag.

Le schtroumpf costaud, en revanche, fut utile à la dictature. Il était un modèle exemplaire d'accomplissement du travail.

Le schtroumpf bricoleur supervisait les travaux du pont sur la rivière schtroumpf, pont systématiquement détruit à chaque épisode, ce qui explique que les schtroumpfs soient continuellement en train de le reconstruire. Peut-être aurait-il dû remettre en question ses aptitudes à l'architecture. Il fut également déporté.

Puis vint Gargamel. Ce bourgeois découvrit l'existence des schtroumpfs et décida de les chasser, les communistes on n'en veut pas en France.

Depuis ce temps, les schtroumpfs se sont dispersés dans chaque pays du monde, se sont introduits à la cour des dirigeants et ont tenté de les séduire avec leurs idées rouges. Ils oeuvrent dans l'ombre pour répandre le communisme sur toute la planète.



Mais qui sait si, un jour, les communistes extraterrestres ne vont pas décider que nous sommes une menace et nous exterminer ?


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